L’entreprise angevine Le Bon Tuyau, installée chez WeForge à Angers, vient d’être distinguée le 10 février 2026 au salon EnerJ-Meeting, dans le cadre des Trophées Start-up Bâtiment 2050. Rencontre avec son cofondateur, Nicolas D’Arco.

Pourquoi avoir lancé Le Bon Tuyau ?

Nicolas D’Arco : Avec Kilian Bazin, mon cofondateur, nous nous sommes retrouvés en 2023, plusieurs années après notre passage à l’École polytechnique (promotion 2007). Kilian vient de la Tech, moi du secteur de l’énergie et de la finance d’entreprise. Avec ces deux expertises et nos seize années d’expérience chacun, nous avions une appétence commune pour les énergies renouvelables.

Nous sommes partis d’un constat simple : la géothermie de surface est une technologie fiable, performante et bien encadrée, mais très peu exploitée en France, principalement à cause d’un coût d’installation trop élevé.

En 2024, nous avons donc décidé de créer Le Bon Tuyau, avec une idée claire : proposer la géothermie et le solaire thermique sous forme d’abonnement, sans aucun investissement initial pour le propriétaire. Nous finançons, installons, entretenons et garantissons la performance.

Pour le client, c’est 100% gagnant. Il n’a pas à se préoccuper de la gestion de son installation. Avec les économies d’énergie réalisées, sa facture est divisée par 4. Et bien sûr, il dispose d’un confort thermique immédiat et tout au long de l’année. C’est aussi une manière de se protéger durablement contre les hausses du prix de l’énergie et de respecter les nouvelles exigences réglementaires et sociétales. Notre modèle par abonnement bouscule les codes du secteur et redonne de la lisibilité à la géothermie de surface, une technologie sous employée.

Pouvez-vous nous en dire plus sur la géothermie de surface ?

NDA : C’est une énergie gratuite, durable et sans émission de gaz à effet de serre. Pourtant, en France métropolitaine, elle ne représente encore qu’un peu plus de 1 % de la chaleur totale produite.

Techniquement, la géothermie de surface consiste à utiliser la chaleur naturellement présente dans le sol, entre quelques mètres et 200 mètres de profondeur. À ces niveaux, la température reste stable toute l’année, autour de 10 à 20 °C. Une pompe à chaleur géothermique permet ensuite de produire chauffage, rafraîchissement et ou eau chaude.

Cette solution convient à tous types de bâtiments : maisons, immeubles, bureaux, hôtels, Ehpad, bâtiments agricoles, qu’ils soient neufs ou anciens. Dans notre région, les sols sont particulièrement adaptés à cette technique.

Votre solution vient d’être distinguée au niveau national. Qu’est-ce que cela vous apporte ?

NDA : Être lauréats EnerJ-Meeting, dans le cadre des Trophées Start-up Bâtiment 2050, valide notre approche. Cela montre que le secteur attend des solutions intégrées, simples et accessibles. Cette reconnaissance nous donne une vraie visibilité pour accélérer et témoigne de le l’accueil très favorable du secteur.

Concrètement, cela va nous permettre d’envisager la montée en puissance de nos équipes. Actuellement, nous sommes six collaborateurs et nous prévoyons d’atteindre rapidement une dizaine de personnes, notamment en dimensionnement énergétique, gestion de projet et marketing.

Aujourd’hui, nous comptabilisons une soixantaine de projets, à des stades plus ou moins avancés. Notre ambition est claire : 200 installations d’ici à cinq ans, représentant environ 50 millions d’euros d’investissements.

Concrètement, qui vous soutient aujourd’hui ?

NDA : Nous avançons avec un écosystème solide, où chacun joue un rôle complémentaire : Aldev, Angers Technopole, la Région, Bpifrance, Réseau Entreprendre, Initiative Anjou, France Active, BNP Paribas, La Nef, l’AFPG, Novabuild, Atlansun…

Ce maillage d’acteurs publics et privés nous a permis de franchir les premières étapes sans perdre de temps. Grâce à eux, nous avons sécurisé trois ans de visibilité financière pour lancer les premiers projets.

En savoir plus : site internet Le Bon Tuyau

Légendes photos. : Nicolas D’Arco, cofondateur Le Bon Tuyau.

Publié le 16 juin 2026