Face à la crue historique qui a touché Angers en février 2026, le Marché d’intérêt national (Min) d’Angers, implanté dans le quartier inondable Saint-Serge, a poursuivi son activité malgré les conditions difficiles et les incertitudes.

Une période historique de crue a touché le territoire angevin pendant une quinzaine de jours à partir de la mi-février 2026. La plus forte depuis 1995 par son intensité et sa durée.

Implanté sur le remblais Saint-Serge, le Marché d’intérêt national a été mis en difficulté par la montée des eaux. Le souvenir est encore vivace des inondations de 1995 qui avait vu une partie du site submergée.

Pour comprendre les enjeux, il faut savoir que le Min d’Angers héberge 74 entreprises et voit chaque année transiter 200 000 tonnes de marchandises essentiellement alimentaires. D’où une attention très particulière portée à ce site hautement stratégique.

Anticiper la sécurisation du site

« Dès les premiers signes d’alerte, nous avons anticipé la sécurisation du Min. Nous avons également mis en place une communication continue par mails et SMS avec les entreprises résidantes et les usagers du site », explique Jean Baptiste Mantienne, directeur général d’Aldev et de la Sominval, qui gère le Min d’Angers.

A partir du 13 février, une cellule de crise intercommunale « vigilances crues » se réunit quotidiennement à la mairie d’Angers. Elle suit la situation de la Loire et de la Maine et permet d’élaborer différents scénarios en se basant notamment sur le jumeau numérique du territoire mis en place par la collectivité.

Montée des eaux

Le mercredi 19 février, les prévisions de montée des eaux sont de plus en plus alarmantes. On prévoit un pic avec une Maine à près de 6,40 m pour le samedi 21.

L’eau commence à envahir le quartier. Les trémies de la voie des berges toute proche sont volontairement inondées. Le parc Saint-Serge, pensé par l’aménageur Alter comme bassin de rétention en cas de crue, joue parfaitement son rôle.

Puis l’eau fait également son apparition par capillarité dans plusieurs secteurs. Les pompes se mettent à tourner à plein régime pour vider les caves. Les parkings sous-terrain se transforment en piscine. On a aussi les pieds dans l’eau en bas de l’avenue Jean-Joxé, à l’entrée du Min. Les rues interdites à la circulation se multiplient.

L’ordre d’évacuation est donné

Le quartier devient de moins en moins praticable et, le jeudi 20 février, l’ordre d’évacuation du Min est donné. Il est d’abord fixé à 13 h.

Afin de permettre notamment aux grossistes de réaliser les derniers allées et venues pour les livraisons du week-end, une dérogation est obtenue pour le Min jusqu’au vendredi à 18 h, en passant par le carrefour Ramon.

Une solution pour stationner au sec

Une solution temporaire est également trouvée pour permettre aux entreprises menacées par la montée des eaux de pouvoir stationner leurs véhicules au sec. Le Parc Expo met à disposition des parkings. Ces derniers sont sécurisés et gardiennés et accueillent poids-lourds et camionnettes.

Des zones de rechargement électrique y sont installées pour les véhicules frigorifiques permettant ainsi de conserver les produits périssables.

Une reprise maîtrisée

Le samedi matin, la fermeture totale du Min est actée. Tout au long de cette journée, l’eau continue de monter. D’immenses flaques gonflent dans les points bas sur la voirie du Min.

Pendant la fermeture, les équipes restent mobilisées. Des rondes sont effectuées, les bâtiments menacés sont protégés et les échanges avec la cellule de crise se poursuivent. Les dégâts restent limités.

Dimanche matin, le pic est passé. Tout n’est évidemment pas encore réglé car la décrue s’annonce longue. Néanmoins, la réouverture du Min est jugée prioritaire. La collectivité autorise donc une reprise d’activité anticipée dès 18 h le dimanche, un horaire déterminant pour les grossistes dont l’activité démarre dès minuit.

Impact économique limité

Entre la fermeture tardive du vendredi et la réouverture anticipée du dimanche, les entreprises n’auront perdu que le samedi matin, limitant l’impact économique à une demi-journée.

En conclusion, malgré la situation de crise et les nombreuses incertitudes, le Min a su faire preuve de résilience tout au long de cette période et a continué à tenir son rôle de pivot de la distribution alimentaire pour le territoire et ses habitants.

Légende : Grande photo. Vendredi 21 février après-midi, l’eau déjà bien présente dans le quartier Saint-Serge et s’approche du Min. Autres photos : Courant du week-end, l’eau présente à l’intérieur du Min.

Publié le 26 février 2026