Avec la crise du Covid-19, la plateforme Partageons nos compétences a révélé toute son utilité. Exemple avec le groupe Kolmi-Hopen, le leader national des masques sanitaires, qui a dû faire face à une montée en charge totalement inédite et a reçu le soutien temporaire de quatre salariés de Scania qui avait alors stoppé son activité.

Depuis janvier 2020 et les informations venues de Chine concernant l’expansion du Coronavirus, le groupe Kolmi-Hopen à Saint-Barthélemy-d’Anjou a vu affluer les commandes. Cette usine est le plus grand site de fabrication de masques sanitaires en France.

24h24 et 7j/7

« Dans un premier temps, on a renforcé nos équipes qui fonctionnaient déjà en 3 x 8, explique Séverine Grolleau, la responsable des Ressources humaines de Kolmi-Hopen. Dès la mi-février, l’usine s’est mise à tourner à plein régime, 24h/24 7j/7. Mi-mars, l’annonce du confinement en France et la réquisition de notre production par l’État sont venues accentuer encore plus les besoins. En quelques semaines, nous sommes parvenus à plus que doubler notre production, tandis que nos effectifs suivaient presque la même courbe en passant de 100 à 180 salariés. »

Un élan de solidarité local

Afin de soutenir Kolmi-Hopen dans ce développement à marche forcée et au vu de l’aspect stratégique de son activité, une immense chaîne de solidarité locale s’est mise en place. « Nous sommes encore éblouis par tout cet élan qui est né autour de notre entreprise avec un remerciement particulier à la CCI, à la Direccte, à Pôle emploi et à Aldev qui nous ont accompagnés dans nos recrutements. Un petit mot également pour Restoria qui a offert des repas à nos salariés en toute discrétion », poursuit Séverine Grolleau.

Une plateforme pour le prêt de main d’œuvre

De son côté, Aldev a notamment proposé à Kolmi-Hopen l’utilisation de sa nouvelle plateforme de prêt de main d’œuvre entre entreprises : Partageons nos compétences.

Mise en place en partenariat avec l’Aract Pays de la Loire et la section Anjou de l’ANDRH, Partageons nos compétences met en relation une entreprise qui recherche une compétence sur une période donnée avec une entreprise qui dispose d’un salarié disponible avec cette compétence. Ce service est notamment une réponse pratique aux variations d’activité.

Il s’appuie sur une plateforme numérique développée par la société Factoryz. Le site www.partageonsnoscompetences-angers.fr est accessible à toute entreprise souhaitant rejoindre le réseau collaboratif qui utilise cette formule du prêt de main d’œuvre ponctuel.

Besoin de compétences temporaires

« Nous voulions pour l’essentiel intégrer sur la durée nos nouveaux employés, précise Séverine Grolleau, mais nous avions également besoin de compléter temporairement nos effectifs sur des métiers plus spécifiques dont le recrutement s’avérait assez difficile comme des techniciens de maintenance. »

Disposer d’un regard extérieur

Le groupe Kolmi-Hopen souhaitait également bénéficier d’un regard extérieur en matière organisationnelle afin de détecter d’une éventuelle marge de progression méthodologique. En effet, chaque petit gain de productivité se traduit en bout de chaîne par la confection de plus de masques, donc de vies supplémentaires potentiellement sauvées.

Partageons nos compétences : la réponse idéale

Les besoins de Kolmi-Hopen correspondaient donc parfaitement au service rendu par Partageons nos compétences. D’autant que simultanément de très nombreuses entreprises du territoire avaient dû cesser leurs activités pour quelques semaines afin de permettre le ralentissement de la propagation du virus.

Scania arrête son usine

Le constructeur de poids-lourds Scania appartenait à cette catégorie. « Tout d’abord, à la fermeture de l’usine, nous avons dû gérer l’arrêt du site et la mise au chômage partiel de nos 750 salariés. Puis très vite, il nous a fallu réfléchir à nos futurs plans de reprise », précise Karine Desgages, la directrice des Ressources humaines du site de Scania.

La marque Scania est un groupe mondial aux origines nordiques pour qui l’ouverture à l’extérieur fait partie de l’ADN. « Par conséquent, quand nous avons été sollicités pour proposer à nos salariés de s’inscrire sur la plateforme Partageons nos compétences, la réponse a été immédiatement positive et bien au-delà des besoins. »

47 salariés volontaires pour aller travailler chez Kolmi-Hopen

En effet, 47 salariés se sont aussitôt portés volontaires. « Ça m’a paru comme une évidence, une démarche totalement naturelle, explique ainsi Vincent Bianco, responsable du secteur câblage et préparation des valves à Scania. Histoire d’être utile dans cette période particulière et prendre ainsi ma modeste part dans la mobilisation nationale. Que cette démarche soit portée par mon entreprise constituait évidemment un gage de sérieux et se faisait donc en toute loyauté.»

Mobilisation du service RH de Scania

Concernant les détails administratifs, il faut saluer la mobilisation du service RH de Scania. Une telle mise à disposition ne peut se faire qu’avec l’aval du Comité social d’entreprise. « Nous sommes parvenus à réunir ses 17 membres en visioconférence et obtenir ainsi leur accord, » se satisfait Karine Desgages.

Dans la foulée, les conventions de détachement sont rédigées en un temps record. Les signatures électroniques sont mises en place et validées. « Cette histoire nous a obligés à déployer pas mal d’innovations technologiques en matière de ressources humaines, » remarquent les deux responsables RH.

Quatre conventions de détachement

Le tout est définitivement bouclé le vendredi 27 mars pour un début… le samedi 28 mars. En tout, quatre conventions sont signées : deux pour des techniciens de maintenance et deux pour des managers de production. Cette mise à disposition a duré deux et trois semaines selon les cas. En effet, Scania avait déjà en tête qu’il allait falloir bientôt préparer sa propre reprise.

Fournir un rapport d’étonnement

Vincent Bianco fait partie des deux cadres de Scania ainsi détachés avec pour mission d’apporter ce regard extérieur et fournir en deux semaines « un rapport d’étonnement » afin d’aider les équipes de production de Kolmi-Hopen à améliorer l’organisation autour des machines.

« Une très belle expérience »

« Ça a été une très belle expérience, remarque Vincent Bianco. L’accueil a été super. On avait besoin de nous. On sentait qu’on était utile et on avait conscience de mettre nos compétences au service d’une cause importante. D’ailleurs, dès le premier mardi, j’ai dû expliquer ma présence au Président de la République venu en déplacement au sein de l’entreprise ! »

« Ça nous a été très utile »

Côté Kolmi-Hopen, on applaudit également des deux mains. « Ça nous a été très utile. Les deux techniciens de maintenance nous ont permis de bénéficier de compétences spécifiques qui nous manquaient dans l’attente d’embaucher de manière plus pérenne sur ces postes. Quant aux deux cadres, ils nous ont apporté une vision nouvelle et leur compte-rendu a été pour nous une vraie plus-value sur le plan opérationnel grâce à une série de préconisations très pratiques et simples à mettre en œuvre. »

Tout le monde est gagnant

« Tout le monde est gagnant dans l’opération. D’autant que de notre côté, nous avons mis à profit les connaissances acquises par nos salariés dans une entreprise très marquée par les mesures de sécurité sanitaire et évoluant en période de Covid-19. Ceci dans le cadre de notre propre projet de reprise », conclut Karine Desgages pour Scania.

Se revoir après le déconfinement

Enfin, s’il y a une chose qui est vraiment partagée par tous les acteurs, c’est la volonté de se revoir après le déconfinement pour discuter de la démarche entreprise mais pas que…

Légende image principale : A l’occasion de la visite présidentielle au sein de l’entreprise, intervention d’Emmanuel Macron devant les salariés du groupe Kolmi-Hopen. A gauche, on aperçoit des salariés de Scania. (image capture vidéo issue du site de l’Elysée).

 

 

Publié le 6 mai 2020